L’Edito de Vincent Fauvet sur l’importance du temps

J’ai toujours vécu avec cette règle en tête qu’il fallait être toujours occupé, ne jamais s’ennuyer, pas vous ?

Du coup, ça nous conduit à bourrer nos agendas, à régler notre journée, notre semaine, notre année comme du papier à musique. Au final, nous manquons de plus en plus de temps, du temps pour laisser une place à l’imprévu, à l’ouverture, à l’inconnu, du temps pour rien, du temps gratuit, du temps à offrir, du temps à s’offrir. C’est la famine temporelle !!! Il ne nous reste même plus une minute de libre du lever au coucher. Des applis sont même là pour analyser notre sommeil, les 1440 minutes de notre journée sont sous contrôle permanent.

Les entreprises à impact social ou environnemental ne sont pas épargnées par cette dictature de l’optimisation temporelle. Alors qu’elles peuvent avoir besoin de plus de temps pour se développer que les entreprises classiques, notamment parce qu’elles doivent gérer des complexités supplémentaires, elles doivent également se plier aux rythmes courts des fonds d’investissement. Ceux-ci ont leurs périodes de levée, d’investissement et de sortie bien encadrées.

Chez Investir&+, nous nous sommes structurés en SAS, pour éviter les contraintes de temps que peuvent avoir la majorité des fonds d’investissements, et pouvoir ainsi mieux répondre au besoin des entreprises à impact social ou environnemental, leur laisser le temps nécessaire à leur éclosion. Qu’importe que l’entreprise réussisse tant sur le plan économique et social en 7 ans plutôt qu’en 5, si elle réussit ?

Une croissance forte obtenue sur un temps court booste les TRI. Cela plait aux investisseurs mais pousse à construire des BP agressifs … et potentiellement fragiles. Les entrepreneurs qui ont le bon sens paysan disent souvent que ce qui se construit vite se défait vite.

Alors même si les entreprises sociales comme classiques ont toutes un momentum à gérer, un first mover advantage à garder, des parts de marché à prendre avant les autres, attention de ne pas confondre vitesse et précipitation, de prendre le temps de se construire des fondations solides avant de changer d’échelle au risque de chavirer dès que les fonds levés viennent à s’épuiser.

Nous nous rendons compte également de l’importance de l’accompagnement en proximité pour aider l’entrepreneur social et son équipe à réussir. Or l’accompagnement c’est également du temps. Le temps d’écouter, d’échanger et de partager en bienveillance et en exigence, le temps de connecter à d’autres personnes, d’ouvrir des portes, de créer un entourage porteur. Du temps donné, mais du temps extrêmement utile qu’un TRI ne peut mesurer.

Le temps gratuit a une immense valeur.

C’est, pour conclure, l’occasion rêvée de remercier toutes celles et tous ceux qui nous donnent de leur temps pour faire fonctionner I&+ et accompagner nos entrepreneurs, c’est ce que nous avons de plus précieux.

 

 

Regard I&+ : Initiatives pour replacer l’humain dans un temps maîtrisable

A taste of slow.png

Faire du temps, et non de la lenteur, un vecteur de croissance : beaucoup d’acteurs de l’économie classique, à commencer par la restauration, l’ont adopté comme credo.

Dans les années 80 en Italie, Carlo Petrini invente le concept de « slow food », en réponse au fast food, pour proposer une nourriture de qualité tout en intégrant des producteurs locaux. La philosophie au cœur de ce mouvement est celle du plaisir, et pour cela, il faut prendre son temps pour déguster ! Au cœur de la « slow food » on retrouve la convivialité, autour du repas commun (« convivum »). Le moment du repas est remis à l’honneur et retrouve une de ses fonctions principales : l’échange et le partage. Au Danemark où la nuit n’en finit pas en hiver, toute notion du temps est perdue et c’est dans le « hygge » que les habitants trouvent leur bonheur : profiter des petits plaisirs de la vie avec les personnes qui leur sont chères, le dîner entre amis étant un moment phare du « hygge ».

Si la slow food a été pionnière dans cette nouvelle tendance « slow », cette dernière s’est développée dans de nombreux secteurs. Depuis quelques décennies, la mode ne suit plus les saisons avec deux collections « automne-hiver » et « printemps-été » mais propose de nouveaux articles toutes les deux semaines, dans une course effrénée contre le démodé. Mais quand jeter n’est plus vraiment à la mode, la mode se met au recyclage ! En ce moment, la mode passe progressivement du cycle « acheter/ porter/ jeter » au cycle « réparer/ transformer/ recycler ».

Selon une étude d’Opinion Way en 2014, 86% des Français aiment prendre leur temps avant d’acheter et considèrent que cela amplifie leur plaisir. On y revient : le slow est intrinsèquement lié au plaisir.

De façon plus générale, le « slow business » ce n’est pas travailler moins mais travailler mieux, c’est replacer le bien être et les relations entre collaborateurs au cœur des activités, que ce soit la mode, la restauration ou bien d’autres secteurs. Certaines entreprises (entre 10 et 15% des entreprises aux Etats-Unis !) ont adopté la logique ROWE (Results-Only Work Environment), qui laisse les employés maîtres de leur agenda, tant que le résultat est au rendez-vous. Le « slow business », ce n’est pas l’éloge de la lenteur, mais celui de l’équilibre, notamment entre vie personnelle et vie professionnelle.

Le temps c’est de l’argent : nous savons depuis bien longtemps que le temps est rare et précieux. Ce que le temps façonne prend de la valeur, or nous voyons encore le temps comme un ennemi, que nous cherchons à contrôler à tout prix. Le temps est pourtant indissociable du bien-être : il faut réconcilier le temps économique et le temps humain, qui sont brouillés depuis trop d’années !

Fanny Pignères

fanny@investiretplus.com

 

 

Le temps d’une respiration : questions à Thibaut Guilluy, directeur général du groupe Ares

25629bb

Peux-tu nous expliquer en quelques mots ce que fait Ares et le principe de l’insertion ?

Ares est une association dont la vocation est de permettre aux personnes en situation vulnérable deretrouver autonomie et dignité par le travail. Pour ce faire, nous créons des entreprises tremplin dans des métiers aussi  divers que la logistique e-commerce, le transport écologique de marchandises, l’économie circulaire ou les services numériques.

Notre particularité est de recruter des personnes avec des difficultés sociales et professionnelles pour leur permettre de reprendre confiance en elles au sein de nos entreprises. Parallèlement, elles bénéficient d’un accompagnement personnalisé pour régler les problématiques d’urgence (logement, santé, endettement,…), travailler leur projet professionnel et enfin les aider à retrouver un emploi stable. Ares aujourd’hui c’est 10 entreprises tremplin, 21 millions d’euros d’activité pour près de 600 collaborateurs.

Comme tu le sais le thème de notre newsletter cette fois-ci est le temps. Selon toi, dans quelle mesure la notion de temps est-elle importante dans l’insertion et pour quelles raisons ?

La question du temps est une notion centrale dans le parcours de réinsertion.  L’Abbé Pierre disait à ce sujet qu’il faut autant de temps pour sortir de l’exclusion qu’on en a mis pour y plonger. Le parcours d’insertion doit constituer un moment de respiration pour les personnes que nous accueillons. Pouvoir retrouver du souffle, pour se reconstruire et reprendre confiance en soi. Dans l’insertion il faut ainsi être capable de s’adapter au rythme de chaque personne. Mais a contrario, c’est aussi un moment de changement, de transformation, de remise en marche qui suppose de poser des jalons et les réévaluer régulièrement. Donner du rythme pour permettre à la personne de s’inscrire dans une dynamique de progrès. Chez Ares, nous avons ainsi des rendez-vous formels tous les trois mois pour faire une évaluation, redéfinir les objectifs avec chaque personne.

Par ailleurs, l’insertion par le travail est réglementée et le ministère de l’emploi limite à deux années les temps de parcours. Si le passage à Ares est en moyenne d’une grosse année, cela arrive aussi que des  personnes aient besoin de plus de temps que ce que nous sommes capables de leur apporter. C’est pour ça que nous travaillons avec certains partenaires, comme la Bergerie de Berdine, qui accueille les personnes de manière inconditionnelle sans contraintes de temps. Il y a des personnes qui y restent 5 années, 10 et parfois plus tant les blessures de vie peuvent nécessiter un temps long pour se cicatriser.

Enfin, cette notion de temps renvoie aussi à la qualité de l’insertion. L’objectif est que la personne n’ait plus besoin de soutien une fois passée par Ares. Il vaut donc mieux investir plus de temps et plus de moyens sur le moment pour que l’insertion soit réellement durable.

Donner du temps donc, donner du rythme aussi, sont deux principes fondamentaux du parcours d’insertion. Un équilibre subtil à trouver tant la situation, les enjeux et le rapport au temps de chaque personne accueillie sont uniques.

Dans le parcours d’insertion, quelles sont les choses qui prennent le plus de temps ? Est-ce qu’il y a des choses pour lesquelles le temps est incompressible, où même si vous vouliez aller plus vite vous ne pourriez pas ?

C’est le temps nécessaire pour construire le lien de confiance. Un temps par nature incompressible. Or on ne fait rien sans avoir restauré la confiance.

Toi qui es multi-entrepreneur au sein d’Ares et qui mène toujours de nombreux projets en parallèle, comment est-ce que tu gères cette notion au quotidien ? As-tu l’impression d’avoir assez de temps, y aurait-il des choses pour lesquelles tu aimerais en avoir plus ?

Je ne suis pas sûr d’être exemplaire sur cette question même si c’est pour moi  un sujet de préoccupation quotidien et ce à de nombreux égards. Il y a plusieurs notions de temps à gérer, pour lesquelles chaque fois un équilibre est à trouver : l’équilibre temps professionnel/temps personnel, l’équilibre temps de production/temps de réflexion, le temps des projets, le temps de la culture d’entreprise, des équipes et des personnes, etc.

Ainsi la notion de temps traverse tout et doit être un sujet de préoccupation majeur, que ce soit pour les collaborateurs, pour l’efficacité des projets, etc. Il faut trouver un rythme pour tout, la question du temps ou plutôt des temps est centrale, elle me traverse, même si je ne suis pas encore sûr d’avoir trouvé tous mes équilibres.

Portrait de David Lorrain, fondateur de Recyclivre

portrait_dlor_carre

Aujourd’hui, David Lorrain, fondateur de RecycLivre, a accepté de répondre à nos questions et de nous parler de son entreprise, 8 ans après sa création !

Quel a été ton parcours avant RecycLivre et qu’est-ce qui t’a donné envie de créer cette entreprise ?

J’ai fait des études à Dauphine en finance, puis je suis parti travailler sur les marchés financiers à Londres, avec en tête l’idée d’avoir mis suffisamment d’argent de côté afin de pouvoir créer quelque chose. C’était donc un moyen et pas une fin. C’était avant l’euro, et j’étais vendeur sur les taux d’intérêt en Deutschemark et en Francs. Devant la vacuité intellectuelle du métier je quitte Londres 2 ans après y être arrivé pour rentrer à Paris et commencer à travailler pour une petite boîte d’événementiel où j’étais en charge d’organiser des courses automobiles au Portugal pour Renault Sport. J’ai partagé mon temps entre Paris et le Portugal pendant un an.

A côté de ça, j’ai eu la chance d’avoir eu un ordinateur à la maison depuis tout petit, et d’avoir surfé pour la première fois en 94 au tout début d’internet grâce à une salle à la fac qui était connectée. Les années 1999-2000, c’était la bulle internet. Je suis rentré dans une agence web pour faire de la gestion de projet, créer des sites internet pour des clients. J’y suis resté trois ans puis j’ai eu envie de prendre l’air. Je suis alors parti un an en voyage, en Nouvelle-Zélande, Australie et Inde. Alors que l’America’s Cup se déroule en Nouvelle Zélande, je rencontre des membres de l’équipe suisse gagnante de l’édition 2003. Je commence à travailler à Genève pour l’organisation de l’édition 2007 qui se déroulera à Valencia en Espagne. Je suis en charge de la stratégie online de l’événement. Une expérience magique ou nous passons de 15 à 400 personnes dans l’organisation avec plus de 32 nationalités différentes.

Lors de mon retour à Paris je décide de lancer le site « RecycLivre », collecte et revente de livres d’occasion sur internet, en cherchant à avoir un minimum d’impact sur la planète et un maximum sur l’Homme. Je mets les premiers livres en vente un vendredi soir en novembre 2008 et la première vente est le lendemain à 4h du matin. Mon historique est important car je suis arrivé sur ce marché en venant du milieu d’internet, en sachant coder contrairement aux acteurs présents à cette époque-là qui étaient des libraires qui vendaient sur internet. Dès le début j’ai mis en place l’automatisation poussée au maximum, pour ainsi ne pas perdre de temps ni par livre inséré, ni sur la vente. Nous n’allions pas gagner beaucoup d’argent par livre donc il fallait en vendre beaucoup. A ce moment-là, je collecte autour de moi, par le bouche-à-oreilles. Je fais le point en juin 2009 et je décide de continuer. Je ne savais pas si cela allait marcher mais cela valait le coup de continuer… Je fais alors une petite levée de fonds en juillet pour embaucher le premier collaborateur.

Je suis quelqu’un qui aime bien savoir où il va et stabiliser les choses, j’ai donc pris le temps pour solidement développer l’entreprise mais aujourd’hui, ça y est, nous avons officiellement fini de couvrir la France ! Nous avons mis 8 ans pour l’expansion nationale.

Quelles sont les personnes qui ont joué un rôle important à tes côtés dans l’entreprise ?

D’abord mes proches parce que ce n’est pas facile tous les jours. Aujourd’hui 8 ans après, cela paraît facile… mais je suis passé par des périodes peu évidentes, des périodes de questionnement, de doute. C’est important d’avoir des personnes qui comprennent, qui nous encouragent. En premier lieu Anne, ma compagne, qui est journaliste freelance qui connaît la prise de risque et les incertitudes. Il y a également eu des moments importants dans l’accompagnement dont j’ai pu bénéficier, sans vouloir apporter de l’eau à votre moulin (rires). J’ai été pris dans deux programmes de changement d’échelle, celui d’Antropia à l’ESSEC et un autre qui s’appelle Booster, il y a 2 ans. Cela m’a permis d’avoir des moments d’échange importants pour sortir la tête de l’eau. Et ensuite, c’est un ensemble de personnes que tu rencontres, qui te font voir des choses différemment. Aujourd’hui il y a Emmanuel de Courcel et Olivier Chanut d’Investir &+, c’est un plaisir de partager des choses avec eux, leurs apports sont précieux et, en toute honnêteté, je pense que nous n’en serions pas là aujourd’hui s’ils n’étaient pas là, nous y serions peut-être arrivés mais plus lentement.

Il y a aussi un livre qui a été important pour moi, c’était comme une rencontre, « Liberté & Cie » d’Isaac Getz. J’ai trouvé dans ce livre la formalisation de différentes choses que j’avais plus ou moins mises en place sans pouvoir les synthétiser comme il l’a fait. C’est un livre que j’offre maintenant à tous les collaborateurs nouvellement arrivés chez RecycLivre pour leur expliquer quelle est la position de l’entreprise et notre vision du management.

Quelle est la plus grande fierté de ta vie d’entrepreneur ?

Je vais t’en citer deux. La première c’est d’avoir créé une équipe de 14 personnes aujourd’hui qui est heureuse de travailler, fourmille d’idées, soudée, des personnes qui vont aider l’autre et qui vont toutes dans la même direction, changer le monde pour le rendre meilleur. La deuxième, dans un sens plus élargi avec Ares, c’est de pouvoir, grâce à l’activité que l’on génère, sortir des personnes de la difficulté et leur remettre un pied à l’étrier. Il y en a plein, et toutes différentes. Je cite souvent la même personne parce que c’est un exemple qui est assez marquant pour moi : c’est une personne qui est arrivée chez Ares à 22 ans et qui avait l’impression que tout était fini pour elle … que la vie était terminée, son avenir bouché. Le fait de lui faire confiance pour une petite tâche, puis une deuxième, puis une troisième, lui a permis de reprendre confiance en elle et six mois après ce n’est plus la même personne, elle sourit, est fière de ce qu’elle fait, est heureuse, l’avenir est de nouveau « vert » pour elle.

Un conseil pour entreprendre ?

Se faire entourer au maximum, et aller chercher la critique bienveillante. Être entouré de personnes qui disent « c’est super » ça ne sert pas à grand chose, de personnes qui disent « c’est nul tu n’y arriveras jamais » ça ne sert pas à grand chose non plus ; en revanche, être entouré de personnes qui disent « c’est pas mal mais pourquoi est-ce que tu ne ferais pas ça comme ça ? » est plus intéressant. Donc le conseil que je donnerais ce serait ça, être entouré de personnes bienveillantes tout en étant critiques. Et c’est utile à tous les niveaux de développement.

Innover, encore et encore.

Et un dernier conseil : faites du sport !

Maintenant que l’expansion nationale est terminée, quelles sont les prochaines étapes de Recyclivre ?

En 2017, l’objectif est d’ouvrir un bureau en Espagne. Après ça il y aura une période de stabilisation puis le prochain défi sera d’aller dans d’autres pays en Europe, répliquer ce qu’on a fait. Il y a des barrières supplémentaires qui sont la langue, la distance, les lois, la maturité du marché… A terme, pourquoi ne pas aller plus au sud de l’Espagne et aller en Afrique.

Une valeur de ton entreprise que tu aimerais partager avec nos lecteurs ?

La solidarité, ça peut paraître bateau mais je pense que c’est ce qui nous tient à cœur dans tous les sens du terme, que ça soit la solidarité vis-à-vis des personnes qui sont exclues du marché de l’emploi, des personnes qui ne savent pas lire, des personnes au sein de RecycLivre qui sont solidaires entre elles qui réfléchissent non pas seulement pour elles mais aussi aux implications de leur travail autour d’elles.

Est-ce que selon toi avoir un aspect social à ton projet a été un accélérateur ou un frein dans ton développement ? Est-ce que le modèle a été plus long à mettre en place en raison de cela ?

Ça va plus loin que le « social et solidaire », c’est une façon de penser, une façon de réfléchir. Est-ce que ça a été handicapant ou un accélérateur ne rentre pas en ligne de compte pour moi. Je n’aurais pas fait sans, c’est intrinsèque au projet, et ça apporte plus d’avantages que d’inconvénients. Ça fait un peu démago mais je pense que l’on devrait catégoriser les « autres entreprises » comme « pas sociales et pas solidaires » plutôt que les entreprises du type de RecycLivre « sociales et solidaires »

Ça facilite tellement les choses, je le vois tous les jours. Avec des partenaires qui partagent nos valeurs c’est beaucoup plus simple de travailler. Avec Ares : ça fait 8 ans que nous travaillons ensemble, il y a forcément des points de tension car ça reste du business mais nous avons quelque chose qui est au dessus de nous. De la même manière en interne : nous faisons notre job, nous avons notre salaire à la fin du mois mais il y a quelque chose qui nous fédère. En termes de ressources humaines c’est forcément appréciable, j’ai des personnes qui sont chez nous parce qu’elles aiment leur travail mais aussi parce que nous portons des valeurs et cherchons à changer le monde ensemble. Il y a une prime globale qui est l’intéressement, qui est au prorata temporis chacun va toucher la même prime s’ils sont restés le même nombre de jours dans l’entreprise. Ça marche et ça simplifie tellement les relations.

Qu’est ce qui selon toi nécessite le plus de temps dans la création d’entreprise ?

Au début c’est surtout le business plan !

Une chose pour laquelle tu aimerais avoir plus de temps ?

Pas vraiment, J’ai pris la décision, il y a deux ans, de prendre une journée par semaine pour m’extraire du quotidien, prendre du recul, m’intéresser à d’autres choses que la marche directe de l’entreprise et ainsi continuer à avoir des idées et innover. Je pense que c’est une des meilleures décisions que j’ai prises.

Une impression sur le « slow movement » ?

Pour moi le slow ça correspond plutôt à des tempéraments et des personnalités. Il y a des personnes qui font tout très vite sans se poser ou se structurer et moi je fais plus les choses en me posant. Ça dépend des gens, ces personnes-là ne pourraient pas faire un slow et David Lorrain ne pourrait pas faire un fast.

Une citation inspirante à partager ?

« Une innovation n’est pas une idée nouvelle en plus, mais une vieille certitude en moins. » Bertrand Piccard.

L’innovation ne tombe pas du ciel, c’est parce que nous avons été inspirés, parce que nous avons vu d’autres choses, que nous avons fait des analogies avec d’autres business, que nous avons pensé autrement, etc.

L’innovation n’est pas quelque chose qui n’a jamais été fait avant, c’est une mise en œuvre de plein de briques déjà existantes.

Merci beaucoup David, et bravo pour tout le chemin parcouru avec RecycLivre !

Simplon organise un cocktail sur le thème du numérique inclusif et solidaire !

tree-200795_640-640x433

Simplon.co et la Fondation Simplon organisent un cocktail dinatoire le 15 décembre prochain au soir pour réunir ses soutiens actuels et futurs autour de projets numériques inclusifs et solidaires à fort impact social en France et à l’international : inscription obligatoire auprès de fred@simplon.co.

Inspirations I&+ : tandis que l’air se refroidit, voici des idées inspirantes pour nous réchauffer le coeur et l’esprit !

iStock_000006284593Large.jpg

Octobre 2016 : Jean-Michel Severino et Jérémy Hajdenberg (respectivement CEO et Directeur Général Adjoint de I&P) ont publié leur livre intitulé « Entreprenante Afrique », aux éditions Odile Jacob, qui connaît déjà un vrai succès médiatique. A lire sans attendre !

15 novembre 16h-18h : La Ruche Nice organise une conférence sur « la communication responsable au service de l’intérêt général »

15, 16 et 17 novembre : salon BtoB de la Silver Economy Expo

17 novembre 2016 17h-20h : Le Mouves organise une conférence sur « La démocratie en entreprise » à Lille.

Du 29 novembre au 6 décembre 2016 : pendant une semaine, la Social Good Week organisée par HelloAsso vous fait découvrir des initiatives qui utilisent le numérique pour servir l’intérêt général partout en France.

Du 21 septembre 2016 au 23 janvier 2017 : nous avons testé pour vous l’exposition Magritte, peintre plein d’humour et de malice. Profitez de cette sortie pour admirer la vue sur Paris car celle-ci se situe au dernier étage du centre Pompidou ! Attention cependant à ne pas vous laisser surprendre… Un train peut en cacher un autre.

Deuxiemeavis.fr : le service de deuxième avis médical en ligne

Capture décran 2016-10-18 à 10.52.06 (003) (Conflit lié au codage Unicode).png

Deuxiemeavis.fr est un service médical en ligne qui permet en cas de problèmes de santé graves ou rares d’obtenir un deuxième avis médical auprès d’un des meilleurs médecins français de la pathologie en moins de 7 jours et sous la forme d’un compte rendu écrit (www.deuxiemeavis.fr). L’objectif du service est de réduire l’inégalité d’accès à l’expertise qui entraine de vrais pertes de chances pour certains patients. En particulier, deuxiemeavis.fr souhaite permettre aux patients qui habitent loin, qui ont des problèmes de mobilité ou tout simplement qui n’ont pas le bon réseau médical, de mettre toutes les chances de leur côté. Le service est pris en charge par les complémentaires santé et les branches professionnelles.

Une centaine de médecins référents (les pontes dans leur domaine) participent déjà à ce service sous l’égide d’un Conseil Scientifique de haut vol présidé par le Pr Laurent Degos https://www.deuxiemeavis.fr/conseil-scientifique.html . Moins d’un an après son lancement, deuxiemeavis.fr rentre  doucement dans les moeurs et les témoignages des premiers patients confirme clairement l’utilité de ce service. 

 

Le service deuxiemeavis.fr est autorisé par la CNIL (n°1786189) et a mis en place une politique de sécurité répondant aux exigences légales et éthiques liées à l’hébergement de données médicales à caractère personnel.

Sparknews revient sur l’événement Solutions&Co 2016

Unes_Print-01-01.jpg

20 grands journaux économiques s’allient pour sensibiliser les grands acteurs économiques aux enjeux Villes et Climat

Une initiative innovante à impact mondial

Le 4 novembre, 20 des plus grands journaux économiques du monde ont publié le même jour dans plus de 20 pays, 50 solutions concrètes sur la ville et le climat.

En 2015, la COP21 a porté sur le devant de la scène l’urgence climatique. Ce rendez-vous historique a marqué une avancée claire en termes de prise de conscience. Un an plus tard, alors que la COP22 ouvre ses portes et que les rencontres sur le Climat se multiplient, Solutions&Co propose un accès inédit à une cinquantaine de solutions concrètes qui oeuvrent en faveur du Climat et permet ainsi d’accélérer le passage à l’action et la réplication internationale.

 Pour enrichir cette alliance inédite,  la publication Toward Sustainable Cities est parue lors de l’événement. C’est un recueil unique avec des experts tels que Mary Robinson, Dame Ellen MacArthur, Anne Hidalgo, Jean-Louis Chaussade, etc.
Cette publication représente une approche de collaboration originale car pour la première fois, les principaux journaux économiques du monde et des experts mondiaux du secteur public et du secteur privé sont réunis pour présenter les innovations les plus prometteuses qui rendent les villes plus durables, et pour illustrer la façon dont les parties prenantes peuvent mieux travailler ensemble pour atteindre cet objectif.
Cet E-Book est téléchargeable depuis le site solutionsandco.org.

« Slow » vs « fast » aux Etats-Unis

Dans le milieu des start-ups aux Etats-Unis, et notamment quand celles-ci ont été créées par des jeunes (les « Millennials »), il semble que le mot d’ordre est d’ « échouer rapidement » (fail fast). La recommandation d’Echouer Rapidement n’est pas propre aux Etats-Unis, la logique étant qu’il vaut mieux au plus vite tester la viabilité d’une entreprise avant de s’engager trop en avant et d’avoir déjà perdu de l’argent quand cesse l’aventure ou d’être trop impliqué pour pouvoir couper facilement le cordon ombilical. Cependant, les Millennials américains en sont particulièrement friands car il y a chez la plupart – en tout cas chez ceux avec lesquels j’ai travaillé ces dernières années – une sorte de frénésie à accumuler des expériences même courtes. C’est un mode de fonctionnement probablement différent de celui d’autres générations, et il convient effectivement de se demander si malgré la liste impressionnante d’expériences accumulées en un temps-record (notamment par rapport à des gens plus âgés), il y a eu assez de « profondeur » pour vraiment capter, si on peut dire, la valeur de ces expériences et pouvoir en profiter à plein. Ainsi, le « slow » aurait des vertus dans ce cas.

La question « slow vs. fast » se pose aussi de manière intéressante dans le domaine de l’alimentation et de la nutrition. L’approche de la nourriture a beaucoup changé aux USA depuis bientôt 20 ans que j’y habite. Le mouvement « slow food » a certainement ses adeptes et plus généralement, il y a une prise de conscience de l’importance du « bien manger », notamment à cause de taux de prévalence, records pour un pays industrialisé, d’obésité, tension élevée, et diabète. En plus de changer ce que l’on mange (plus de fruits et légumes, moins de graisses, et de moins grandes quantités), la manière dont les repas sont consommés est aussi remise en question. Les restaurants fast food ne sont certes pas près de disparaître (d’ailleurs, des fast foods servant de la nourriture plus équilibrée ont fait leur apparition, certains rencontrant beaucoup de succès comme Sweetgreen ou b.good) mais il est de plus en plus question de « dîner en famille », tradition qui s’est perdue au fil du temps dans beaucoup de foyers américains où il n’est pas rare que chaque membre de la famille se dirige vers le frigo à l’heure du dîner pour préparer ce dont il ou elle a envie. Et le dîner en famille veut dire aussi passer plus de temps ensemble et apprécier ces moments – donc, plus de « slow » et moins de « fast ».

 

Philippe Taieb – phitaieb@gmail.com

L’investissement et l’importance du temps

A l’ère du digital et de la communication instantanée, tout doit aller plus vite. C’est particulièrement vrai dans le domaine économique, et notamment dans celui de l’investissement. On investit, et investisseurs comme partenaires veulent des rendements et des résultats de plus en plus rapides. Dans l’investissement de mission – l’impact investment, celui dont on attend des rendements financiers mais aussi des rendements en termes sociaux, environnementaux, et de gouvernance – c’est la même chose. On veut voir les « impacts » dès demain, souvent de manière totalement déraisonnable. Il faut parfois des années avant de voir des résultats tangibles d’investissement, notamment en matière d’investissements à forte composante sociale. Mais à force de pousser sur l’accélérateur, on s’aperçoit qu’il y a souvent un prix fort à payer. On va trop vite, et on attend trop, trop tôt.

Dans le processus d’investissement, la séquence est connue : l’identification d’un promoteur potentiel, l’élaboration de la stratégie d’investissement pour l’entreprise, la préparation d’un business model, les montages financiers, les arrangements institutionnels, organisationnels et managériaux au niveau de l’entreprise, les décisions en matière de ressources humaines, l’accompagnement de l’entreprise, la provision éventuelle de services d’assistance techniques ; tout ceci demande du temps. Il est parfaitement légitime de vouloir faire avancer les choses ; mais ne brûle-t-on pas souvent les étapes à vouloir aller trop vite ?

Dans certaines cultures et environnements sociologiques diversifiés, la notion de temps prend une connotation totalement différente de celle à laquelle nous sommes habitués dans notre contexte occidental. C’est le cas en Afrique, mais aussi dans d’autres parties du monde, par exemple l’Amérique Latine et l’Asie. Pourtant, dans les fameux « écosystèmes » destinés à faciliter la relation entre investisseur potentiel et entrepreneurs, de nombreux acteurs sont à la recherche de moyens permettant d’accélérer le processus de rencontre et d’accord entre les deux parties. On parle alors d’incubateurs, de facilitateurs, de médiateurs, et même « d’accélérateurs »…C’est louable dans l’intention, mais attention à la réalisation. On risque la contradiction sinon l’échec. Car la base fondamentale de la relation entre investisseur et entrepreneur/promoteur est la confiance. Or celle-ci ne se décrète pas du jour au lendemain ; elle s’établit souvent sur le long terme. C’est une affaire parfois éminemment personnelle et sensible entre les deux parties et il est alors préférable de « donner du temps au temps », et donc de ne pas accélérer indûment le processus. Chez I&P (Investisseurs et Partenaires), l’expérience en Afrique montre clairement qu’il n’est pas rare de devoir attendre plus d’un an entre le premier contact avec un promoteur – partenaire potentiel – et le moment où le deal est concrétisé. C’est la période clé où s’établit la confiance mutuelle. A vouloir imposer ou accélérer prématurément cette relation, on s’expose à bien des déconvenues. De même dans l’accompagnement des opérations/investissements, attention à ne pas bousculer les calendriers ; promouvoir des changements stratégiques ou opérationnels dans l’entreprise avant une adhésion complète du promoteur/entrepreneur, forcer des partenariats ou une sortie prématurément, autant de cas où l’entreprise, comme l’investisseur, peuvent être mis en situation de risque. La gestion du temps dans tout le processus est d’une importance capitale. La notion d’investissement patient, prend alors toute sa signification.

Olivier Lafourcade

President IPDEV

« Entreprenante Afrique », un livre de Jean-Michel Severino et Jérémy Hajdenberg (respectivement CEO et Directeur Général Adjoint de I&P), publié en octobre 2016 aux éditions Odile Jacob connaît déjà un vrai succès médiatique. A lire sans attendre !

Site internet : www.ietp.com

Facebook : https://www.facebook.com/pages/Investisseurs-et-Partenaires-IP/301905459862329

Twitter: https://twitter.com/ipdeveloppement

Une fin d’année riche en nouvelles pour Recyclivre !

img_35312-300x200

Don de livres : la nouvelle solution de RecycLivre & Relais Colis !

RecycLivre et Relais Colis joignent leurs forces pour vous aider (encore plus) à donner une seconde vie à vos livres ! Déposez vos livres dans un point relais afin d’envoyer gratuitement les livres dont vous voulez vous séparer. (Plus d’infos)

Les 10 et 11 septembre 2016 : RecycLivre collecte 16 297 livres à l’occasion des RecycLivreDays

Avec le soutien de la Ville de Paris, RecycLivre, a organisé pour la première fois les RecycLivreDays, les 10 et 11 septembre, sur la Place de la République. Cette grande collecte solidaire était l’occasion de donner une seconde vie aux livres dont les franciliens n’avaient plus l’usage. Pour 10 livres donnés, 1 euro était reversé à l’association ‘Lire et Faire Lire’.

Pendant deux jours, la fameuse Place de la République s’est transformée en une bibliothèque à ciel ouvert, aménagée de salons de lecture et d’espaces littéraires. Après un week-end riche en émotions, en générosité et en sourire, l’équipe de RecycLivre a collecté 16 297 livres et à donc reversé 1 629€ à Lire et faire Lire. (Plus d’infos)

Septembre 2016 : RecycLivre débarque à Strasbourg !

Après Paris, Bordeaux, Lyon, Lille et Nantes, l’équipe de RecycLivre envahit la ville de Strasbourg ! La ville change, mais le principe reste le même : collecter et sauver un maximum de livres de la poubelle et ce, au profit d’associations. Les premières collectes s’organisent et les premiers partenariats sont déjà signés ! (Plus d’infos)
Octobre 2016 : RecycLivre remporte le prix du jury des Axylia Awards qui récompensent l’économie altruiste. En lice aux côté d’entreprises modèles et innovantes comme Microdon, et LemonAid, c’est finalement RecycLivre qui repart avec le Prix du Jury de la 9e édition des Axylia Awards. (Plus d’infos)

Le 28 octobre 2016, RecycLivre souffle ses 8 bougies ! En 8 ans, l’entreprise sociale et solidaire a fait un sacré bout de chemin puisqu’elle compte plus de 1.5 millions de livres vendus et plus de 480 000 € reversés à des associations ! (Plus d’infos)
En novembre 2016 RecycLivre ouvre un nouvel atelier à Toulouse !

recyclivre_infographie-type_last-520x354