L’édito de Vincent Fauvet sur les Joint-Ventures Sociales

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C’est neuf, c’est beau : Nous avons la plus belle mission du monde, accompagner des acteurs émergeants qui veulent changer le monde.

Mais à côté, il y a plein d’acteurs existants, tant des associations, des entreprises d’insertion, et mêmes des entreprises classiques bien intentionnées, qui travaillent, parfois dans l’ombre, souvent depuis longtemps, pour faire bouger les lignes. Notre rôle est aussi des les accompagner, car au final ce qui compte, c’est l’impact.

Tout en continuant de nous associer aux pionniers de l’innovation sociale qui portent des solutions disruptives, nous avons décidé d’accompagner des acteurs traditionnels et reconnus, qui possèdent de vrais expertises sociales ou métiers et qui ont la volonté de les mettre au service du bien commun.

Ainsi a émergé notre volonté de favoriser la co-création entre business et social et de lui donner un  cadre. Avec l’association ARES est né le concept de Joint Venture sociale : au delà d’un partenariat, créer une structure pérenne et avec un impact fort entre un corporate qui apporte son expertise métier et une association qui apporte son expertise sociale.

Pour donner vie à cela, nous avons créé ensemble SocialCOBizz, une association qui promeut la Joint Venture Sociale en open source, afin que tout le monde puisse s’en inspirer,  la perfectionner et créer de l’impact..

Vous trouverez dans cette nouvelle newsletter des exemples et des témoignages forts sur ce modèle très prometteur, en espérant que tout cela vous inspire et soit un « call to action ».

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Joint-Ventures Sociales (1/3) : Le témoignage de Jean-Christophe Arnauné, Directeur d’Acces Inclusive Tech

Découvrez Access Inclusive Tech, première Joint-Venture Sociale spécialisée dans les métiers du numérique grâce au témoignage de Jean-Christophe Arnauné, Directeur d’Acces Inclusive Tech.

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Quel est ton parcours, qu’est ce qui t’a donné envie de t’investir dans l’aventure Acces ?

J’ai un parcours en entreprise classique, de dix-huit années passées dans le conseil puis dans les télécoms. J’avais des activités très stimulantes, tournées vers l’international et avec une orientation de plus en plus marquée vers l’entrepreneuriat, mais progressivement j’ai eu envie de donner plus de sens à ce que je faisais et de servir autre chose qu’une seule marge financière. Il y a deux ans, j’ai ainsi décidé de bifurquer vers l’Economie Sociale et Solidaire (ESS), avec deux idées en tête : rejoindre une structure en fort développement et capitaliser sur mes compétences business. J’ai ainsi rejoint Ares, une entreprise tremplin avec un ADN fort d’entrepreneuriat social et une grande proximité avec l’entreprise. Compte tenu de mon expérience dans le conseil et de mes envies de lancement d’une nouvelle activité, j’ai rapidement été en charge du projet Acces. Outre la mission sociale, c’était l’aspect innovant du partenariat à trois et du modèle hybride entre Ares, la Fondation Accenture et Investir&+, qui m’intéressaient tout particulièrement.

Quelle est la genèse du projet ?

Au départ, c’est une rencontre entre Bernard Le Masson, Président de la Fondation Accenture, et Thibaut Guilluy, DG d’Ares. Ils se sont dits rapidement qu’il serait intéressant de monter une Joint-Venture Sociale (JVS) ensemble. Ares avait déjà cette expérience des JVS et mesurait l’importance d’avoir un vrai partenaire business à ses côtés afin d’acquérir de nouvelles compétences métiers. Il y avait aussi l’envie d’Ares d’aller vers des métiers en tension, dans l’informatique et le numérique au sens large, afin d’offrir à nos salariés des parcours professionnalisants et des débouchés plus larges.

Ce qui a soudé l’initiative, c’est à la fois une conviction commune de faire du numérique un vrai facteur d’inclusion sociale, et la confiance partagée entre les deux partenaires.

Il y a eu ensuite une étude d’opportunité puis la préparation du lancement, pendant environ 15 mois, afin de concrétiser le projet.

Quels sont selon toi les avantages de l’association d’Ares et d’Accenture dans le cadre de ce projet ?

L’avantage est de combiner le meilleur des deux mondes : l’expertise d’Ares dans le recrutement, le management sur des prestations clients et l’accompagnement social de personnes fragiles, et le cœur de métier d’Accenture dans l’informatique et la gestion déléguée de services. L’innovation est d’arriver à combiner ces deux types d’expertises autour d’un même projet. Dans le monde « normal », la probabilité que ces expertises soient rassemblées dans une même structure aurait été très faible.

Qu’est ce qui a été le plus simple dans la création de ce partenariat ?

Depuis le début, tout est très fluide entre les acteurs, grâce à la proximité culturelle des structures et des personnes impliquées. Chez Ares, du fait de notre profil d’acteur du social business, nous sommes à la fois tournés vers le monde du social et vers celui des entreprises qui sont à la fois nos clients et nos partenaires. Côté Fondation Accenture, ce sont des consultants qui ont un vrai intérêt pour le domaine social et qui connaissent très bien le tissu et les enjeux de l’ESS. De chaque côté, les personnes impliquées sur le projet partagent cette double culture, entreprise et social. Pour moi, cela a été fondamental dans la compréhension mutuelle de nos enjeux et la réussite du projet à ce stade. Et l’arrivée d’Investir&+ dans le jeu, avec la casquette d’investisseur à impact, n’a en rien déstabilisé cet équilibre.

Et qu’est ce qui a été le plus compliqué ?

Afin de valider la création de la JVS, nous avons dû suivre les processus corporate juridiques et financiers d’Accenture, qui sont ceux d’une grande multinationale. Il a fallu s’adapter à ce temps qui n’est pas celui de la start-up ou de la PME.

Qu’est ce qui est selon vous spécifique à votre projet et ce qui au contraire pourrait s’appliquer dans d’autres partenariats ?

Notre première spécificité est de travailler avec une Fondation d’entreprise. Grâce à sa double connaissance des enjeux business et sociaux, la Fondation Accenture est un relai particulièrement efficace en interne d’Accenture pour pousser le projet et pitcher l’offre auprès des commerciaux. L’autre spécificité est qu’Accenture a inscrit l’innovation sociale dans ses axes stratégiques et, dans ce cadre, soutient un panel d’entrepreneurs sociaux. Avec Acces, c’est l’étape la plus avancée où la Fondation Accenture est directement actionnaire.

Au-delà de ses spécificités qui ont créé un terrain très favorable à Acces, il faut dans tous les cas un soutien fort du top management pour soutenir un tel projet. Pour Log’ Ins par exemple, une autre JVS d’Ares avec XPO Logistics, il n’y avait pas de Fondation dans la boucle mais il y avait ce sponsorship fort en interne.

Selon toi, de quoi ont besoin les entreprises sociales aujourd’hui pour développer leur impact et changer d’échelle ?

Les besoins pour changer d’échelle vont dépendre du modèle de chaque entreprise sociale. Il faut donc comprendre où sont les goulets d’étranglement dans le modèle.

Pour Acces, par exemple, un de nos enjeux est sur le recrutement des encadrants techniques, qui ont un double rôle de chef de mission et de management de publics fragiles. Nous cherchons donc des moutons à cinq pattes et nous devons développer des solutions originales pour sourcer les bons profils. Acces étant encore en phase de démarrage, nous n’avons pas encore mis notre modèle sous tension et peut-être que demain nous identifierons d’autres goulets.

Plus généralement, avoir des partenaires solides, métiers et financiers, me semble être un facteur clé de succès dans un changement d’échelle. En ce sens, avec la Fondation Accenture et Investir&+, Acces est déjà bien préparé !

Après ces quelques mois d’activité, quel est le premier bilan de l’activité d’Acces et quelles sont les prochaines étapes pour vous ?

Notre première prestation a commencé en novembre 2016. Le premier bilan est vraiment positif, nous sommes sur la trajectoire que nous nous étions fixée tant d’un point de vue social, sur le nombre et les profils des salariés recrutés, que d’un point de vue business. Aujourd’hui, nous avons 3 clients et 12 salariés en insertion. Notre objectif est d’avoir 25 salariés en insertion à fin 2017, le double fin 2018, et d’avoir les prestations en face pour les faire travailler.

A court terme, la prochaine étape pour 2017 est de lancer notre propre plateforme de production, qui nous permettra de fournir des prestations à distance pour nos clients, tout en élargissant le profil des publics que nous accompagnons.

Ta plus grande fierté de ces premiers mois ?

Il y en a deux ! La première grande joie était quand nous avons démarré la première prestation et que nous avons fait la première session de recrutement. Le projet devenait enfin réalité avec les visages des premiers salariés en insertion recrutés par Acces.

L’autre grande satisfaction est d’avoir autant de personnes qui, d’une façon ou d’une autre, soutiennent Acces : l’équipe d’Acces elle-même, Ares, Accenture et sa Fondation, Investir&+ et nos clients. C’est une grande chance d’avoir autour de ce projet autant d’énergie et de compétences mobilisées !

Des conseils à une association qui souhaiterait développer un projet similaire ?

Sur le modèle de la Joint-Venture Social, mon principal conseil serait d’aller voir l‘initiative Socialcobizz dont font partie Investir&+ et Ares et dont le but est de promouvoir le modèle des JVS et de capitaliser sur un pack méthodologique.

La spécificité d’Acces est d’être sur un modèle de social business, l’Insertion par l’Activité Economique, qui est déclinable sur un grand nombre d’activités business. L’enjeu pour d’autres associations serait de construire des JVS sur autre chose que l’insertion et là je pense qu’il y a beaucoup de choses à inventer. Il faudra que les partenaires soient créatifs sur la définition du modèle économique, la proposition de valeur et la combinaison des expertises. Il faudra des partenaires ouverts et capables de tourner le rubik’s cube dans tous les sens !

Une pensée qui résume le projet pour toi et que tu aimerais transmettre à nos lecteurs ?

A mes yeux, l’expérience d’Acces, et plus généralement des Joint-Ventures Sociales et des entrepreneurs sociaux, est une belle promesse pour l’avenir. Le modèle de Joint-Venture Sociale est très abouti et extrêmement intéressant car il arrive à marier des domaines qu’on aurait pu croire jusqu’ici inconciliables. Cela me rend optimiste sur la capacité de nos sociétés et de nos entreprises à savoir conjuguer des impératifs économiques avec un impact sociétal réel. C’est pour moi une source de fierté et d’optimisme !

Joint-Ventures Sociales (2/3) : Le témoignage de Bernard Le Masson, Président de la Fondation Accenture

Découvrez Access Inclusive Tech, première Joint-Venture Sociale spécialisée dans les métiers du numérique grâce au témoignage de Bernard Le Masson, Président de la Fondation Accenture.

Trombinoscope ACCENTURE

Depuis quand travaillez-vous dans la Fondation Accenture ? Pourquoi avez-vous décidé de vous y investir ?

Je suis membre depuis 10 ans et Président de la Fondation depuis 3 ans. Je me suis engagé car j’ai la conviction qu’une grande entreprise peut combiner son cœur de business avec des actions qui reconnaissent le fait qu’on a une empreinte sur la société, et qu’il est donc mieux d’organiser cette empreinte sociale au service de l’intérêt général.

 

Quels sont les rapports entre la fondation et le monde des associations en général ?

La Fondation Accenture est une des premières fondations d’entreprise en France, qui a été créée il y a 20 ans. D’entrée de jeu, c’est une fondation qui a fait le choix d’être le bras armé de l’entreprise pour des missions d’intérêt général, liées à l’innovation sociale, l’accès à l’emploi et à l’entrepreneuriat.

Nous soutenons une vingtaine d’associations avec lesquelles nous sommes en lien étroit sur des périodes qui vont de 3 à 8 ans. Et au total nous avons un écosystème d’environ 80 structures accompagnées, en lien avec des partenaires du type Alter Action, Pro Bono Lab ou Ticket for Change.

Notre force vient des consultants Accenture, qui se mobilisent en mécénat de compétences et en bénévolat, pour plus de 5000 jours par an.

Nous sommes en fait un catalyseur pour aider ces structures à avoir plus d’impact, nous les aidons à se transformer pour qu’elles travaillent mieux et touchent plus de bénéficiaires.

 

D’où vient la volonté d’Accenture de s’investir dans un type de projet comme Acces ?

Nous nous sommes demandé comment imaginer une approche qui transforme de manière systémique la manière dont les entreprises et l’économie fonctionnent. Ce qu’on voit dans le modèle de Joint-Venture Sociales (JVS), Socialcobizz, c’est la capacité à avoir des structures qui combinent une autonomie économique tout en s’inscrivant dans un projet d’intérêt général. C’est cela qui nous intéresse : il y a des structures qui ont vocation à combiner l’intérêt économique et l’intérêt général et s’inscrire dans une démarche d’innovation sociale.

 

Comment est né Acces ? Quelle est la genèse du projet ?

Le projet a démarré d’une rencontre avec Thibaut Guilluy, le directeur général d’Ares, et de discussions informelles avec la Fondation Accenture, à la fois en découvrant la qualité et le succès du travail d’Ares notamment avec d’autres JVS comme Log ‘Ins, et la réflexion sur le fait qu’il y a très peu de structures d’insertion sur les métiers du numérique alors que le besoin de compétences est élevé.

 

Vous avez démarré l’activité depuis quelques mois, comment fonctionne le partenariat au quotidien ? 

Au quotidien, je trouve que les lignes sont plus imbriquées que ce que je prévoyais. J’anticipais que la Fondation Accenture resterait très focalisée sur l’expertise technologique et économique, et Ares sur l’aspect social ; et finalement, au travers des premières missions des salariés d’Acces, il y a une implication des consultants Accenture sur des aspects sociaux, beaucoup de bienveillance et d’attention apportée. Et une compétence très solide d’Ares sur les aspects économiques et professionnels.

Chacun porte son domaine d’expertise principal, mais avec fluidité et intégration. Il y a des contacts permanents entre les équipes d’Acces et la fondation Accenture, et des comités de suivi hebdomadaires et mensuels. Le rôle de Jean-Christophe Arnaune, le directeur d’Acces, est bien sûr fondamental, c’est lui qui insuffle l’état d’esprit général.

 

Quels sont selon vous les avantages de l’association d’Ares et d’Accenture dans le cadre de ce projet ?

Le modèle de JVS en lui-même est spécifique, car il s’agit de bâtir une structure qui nous engage dans la durée, contrairement à nos actions classiques de mécénat qui peuvent s’interrompre. Nous sommes coactionnaires d’une structure qui a vocation à se développer dans la durée.

On a une très grande entreprise, Accenture, qui se lance dans cette co-entreprise avec Ares, qui est une très belle structure mais petite comparativement ; et Investir&+ qui est un investisseur focalisé sur un champ d’action spécifique, l’investissement à vocation sociale, que nous ne connaissons pas.

Par ailleurs sur les métiers du numérique, je ne connais pas de structure équivalente. La mise en œuvre effective d’une entreprise de l’ESS entre un acteur mondial du numérique, une entreprise d’insertion française et un fonds d’investissement français, sur les métiers du numérique, c’est une première !

L’avantage de cette alliance, qui n’est pas évidente a priori compte tenu de la nature différente de ces acteurs, c’est finalement que chacun de nous trois est très professionnel sur son cœur de métier.

Et par ailleurs, le portage au plus haut niveau, par le PDG d’Accenture France, Christian Nibourel, et par le Président d’Ares, Philippe Crouzet est bien sûr essentiel.

 

Qu’est ce qui selon vous est spécifique à votre projet et qu’est ce qui au contraire pourrait s’appliquer dans d’autres partenariats ?

Toute la démarche, le processus de construction, de création d’une JV est réplicable tel quel à d’autres structures, sur d’autres champs d’activité. La bonne nouvelle c’est qu’il y a une expertise que nous pouvons partager avec d’autres.

Le champ d’activité en revanche est particulier à notre secteur : la typologie des profils de compétences, le sourcing des compétences en fonction des métiers sera spécifique à un secteur ou un autre.

 

Des conseils à une grande entreprise qui souhaiterait développer un partenariat de ce type ?

Je pense que toutes les grandes entreprises sont maintenant conscientes qu’elles ont une empreinte sociale, en plus de leur empreinte économique et écologique. Le conseil que je donnerais est de trouver des approches plus structurelles pour traiter ces problèmes sociaux, dont les JVS sont un exemple clair.

Mon conseil serait sans doute de prendre le temps de comprendre pourquoi stratégiquement l’entreprise veut le faire, et ce au plus haut niveau. Dans notre cas, le projet est porté par le PDG d’Accenture, et je pense qu’il faut que cela soit porté à ce niveau de direction générale pour qu’on puisse franchir les petits obstacles naturels de mise en œuvre et le traiter comme un projet stratégique dans la durée.

 

Selon vous, quel rôle peuvent jouer les grandes entreprises dans la résolution des problèmes sociaux ?

De même qu’on parle d’innovation ouverte, je pense qu’il y a une empreinte sociale ouverte : c’est la prise de conscience par les entreprises de tout un ensemble d’acteurs présents à proximité, dans leur territoire, avec lesquels elles peuvent interagir pour traiter des sujets d’intérêt général, de manière innovante. Les grandes entreprises peuvent être catalyseur, au sens propre, c’est-à-dire pour accélérer la transformation, sans prétendre avoir les solutions mais en contribuant.

Quand on voit la passion des – tous nouveaux ! – salariés d’Acces à s’impliquer dans leur travail, on se dit qu’il y a bien un rôle pour les entreprises.

 

Une pensée qui résume le projet pour vous et que vous aimeriez transmettre à nos lecteurs ? 

Une aventure humaine collective ! Les projets de JVS mobilisent sûrement plus d’énergie et de temps que ce qu’on prévoit au départ, mais cela traduit aussi leur force profonde : on est dans un travail collectif et qui tire le meilleur de chacun. C ‘est parce qu’on rassemble des compétences et des énergies très complémentaires que cela fonctionne.

Joint-Venture Sociales (3/3) : Le point de vue académique d’Antoine Rieu, doctorant mandaté par SocialCOBizz

 

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Antoine Rieu est diplômé du bachelor de l’ESSEC, d’une licence de philosophie de l’Université de Nanterre et d’un Master 2 de recherche de l’EHESS en sciences économiques et sociales, intitulé « Institutions, économie et société ». Il a eu des expériences professionnelles dans le secteur de la solidarité internationale, à l’AFD et la Fondation Grameen Crédit Agricole. Il a été mandaté par SocialCOBizz en 2016 et dans ce cadre, écrit une thèse sur « les fondements et potentiels des Joint-Ventures Sociales ».

Quel est l’objectif de ta thèse ?

La Joint-Venture Sociale (JVS) est un type de collaboration relativement nouveau dans le paysage français et international. Une entreprise « classique » et une association ou une entreprise sociale joignent leurs forces pour créer une filiale commune. Celle-ci met en œuvre une mission sociale ou sociétale en s’appuyant sur un modèle économique pérenne. A ma connaissance, de telles structures n’ont pas été étudiées en tant que telles : des études de cas concernant certaines Joint-Ventures Sociales créées par Muhammad Yunus existent, mais il me semble qu’il n’y a pas à date de réflexion systématisante sur ce modèle.

Face à cela, ma thèse articule trois objectifs :

1/ Evaluer la pertinence, l’efficacité et la pérennité du modèle de Joint-Venture Sociale pour mettre en œuvre une mission sociale ou sociétale de qualité 

2/ Etudier la conception, la création et le partage de la valeur créée par les Joint-Ventures Sociales. La JVS rassemble des acteurs qui poursuivent des objectifs différents, parfois même divergents. Elles sont donc attentives à l’obtention de résultats dits économiques (relatifs à ce que l’on appelle « valeur économique») qui assurent la pérennité du modèle, tout en veillant à la tenue de pratiques et d’objectifs dits sociaux (relatifs à ce que l’on appelle « valeur sociale »). Fondamentalement, il s’agit d’étudier la fabrique et la dynamique de ces valeurs ou de ces richesses économiques et sociales / sociétales. Elles peuvent se qualifier ou se quantifier par des indicateurs concrets (outils de gestion comptables, tableaux de suivi, reporting, etc.). Mais les indicateurs, qui sont toujours des conventions socio-historiquement situées, ne peuvent capturer ces valeurs que partiellement. Certaines expériences concrètes vécues par les différentes parties prenantes (salariés, bénéficiaires, cadres, chefs d’équipe, etc.) ne sont pas visibles via ces indicateurs, bien qu’elles orientent la prise de décision. Par ailleurs, si les entreprises ont chacune leur propre regard sur la valeur des choses , lorsqu’elles – créent ensemble une JVS, il y a un vrai sujet de fabrique d’une conception en commun de ce qui compte, de ce qui vaut. En fait, c’est une affaire de tensions et d’équilibres dans la gestion au quotidien, qu’absolument toutes les structures rencontrent, et qu’il est question de révéler et d’étudier avec une visée de transformation systémique des modèles.

3/ Si les principes de fonctionnement et les pratiques concrètes des JVS s’avèrent pérennes d’un point de vue social, économique et écologique, le troisième axe consiste à déterminer selon quelles conditions les enseignements tirés de ces expériences peuvent se diffuser pour contribuer à repenser de façon systémique le concept même d’entreprise, sa place et ses responsabilités concrètes dans les sociétés et les territoires, avec un souci profond de la pérennité socioéconomique, écologique et du partage de pouvoir. On a tendance à dire que la JVS mélange les meilleurs savoir-faire « métier» et productifs issus de l’entreprise « classique et les meilleurs savoir-faire sociaux issus de l’association ou de l’entreprise sociale. Les compromis qui se forment (ou pas) dans les JVS sont donc intéressants à de nombreux titres ! Il me semble qu’il faut dépasser cette pensée dichotomique entre l’économique d’un côté et le social de l’autre. L’enjeu est d’intégrer pleinement le vécu des femmes et des hommes, y compris les plus vulnérables, le souci de l’environnement dans les pratiques standards. Il y a donc potentiellement de nombreux enseignements à tirer de ces JVS et ce pour tous les acteurs. Par exemple, comment une entreprise « classique », peut-elle mettre sa chaîne de valeur au service d’une mission sociétale de qualité ? Comment une association peut-elle mettre en œuvre un modèle pérenne qui ne déroge pas à la qualité de sa mission, voire en démultiplie l’impact de façon respectueuse de ses ressources humaines, de l’environnement, etc. ?

 

Que penses-tu retirer de cette thèse ?

Il faut assumer le fait que tout modèle de gestion n’est pas bon en soi, ce n’est pas parce qu’on est une SAS, une association, ou une joint-venture, que nos pratiques sont forcément bonnes et notre mission légitime –c’est un constat simple. Alors, d’un point de vue pratique,j’espère que cette thèse aidera à identifier des facteurs de succès d’une JVS, notamment en termes de pratiques de gestion ou de démarches à mener, de questions à se poser. Je me méfie du terme de« bonnes pratiques » car on a tendance à en parler de façon absolue, hors sol. En étudiant ces dynamiques, tensions et équilibres, on arrive à comprendre comment gérer les tensions, quels en sont les déterminants. L’objectif n’est pas d’aboutir à des règles générales mais de donner des clefs de compréhension, avec éventuellement une capacité un peu prédictive. Et puis j’espère que cette thèse pourra aider de près ou de loin tous les acteurs économiques dans la façon dont ils peuvent concevoir et mettre en œuvre leurs modèles !

Je m’appuie sur l’approche socioéconomique de ma co-directrice de thèse Isabelle Guérin, qui adopte un regard à la fois possibiliste et critique. Possibiliste car soucieux de « déconstruire les schèmes dominants et de rendre justice à la multiplicité des manières d’être, de faire et de penser ». Critique car on interroge notamment la production et le renouvellement des rapports sociaux, et particulièrement des rapports de pouvoir, qui peuvent engendrer de nouvelles inégalités. En outre, le social washing et le green washing existent, on ne peut pas le nier, et en même temps beaucoup d’entreprises sont volontaires, et ce modèle trouve un réel écho. Alors, de la posture de mon autre co-directrice de thèse, la philosophe Cécile Renouard, j’adopte notamment un regard attentif à la vision que les multinationales ont de ces entreprises, en me demandant comment ces JVS peuvent contribuer à transformer les pratiques économiques globales avec une visée de contribution au bien commun, à ce qu’elle appelle « le lien social et écologique », en étant attentif aux plus vulnérables.

Les JVS cherchent à répondre à de véritables problèmes –par exemple, la question de l’insertion des plus exclus. Il y a tellement de personnes en situation de précarité que les modèles d’accompagnement et d’insertion par l’activité économique sont des enjeux majeurs.

L’important aujourd’hui est de savoir comment ils fonctionnent et leurs limites, afin de prendre la pleine mesure de ces modèles, des contextes institutionnels dans lesquels ils s’inscrivent, et voir comment certains principes peuvent être intégrés par davantage d’acteurs économiques.

 

Collaborer pour répondre à un besoin pour les populations moins favorisées : Nutri’zaza à Madagascar

Répondre à un besoin pour les populations moins favorisées : Nutri’zaza à Madagascar

Dans un numéro précédent de la Newsletter d’Investir &+ était présenté le cas de la Laiterie du Berger au Sénégal. Ce cas fameux illustrait la formule gagnant-gagnant de l’association d’une entreprise commerciale à fort impact social (la Laiterie) avec un investisseur d’impact (Investisseurs et Partenaires), que rejoignent ultérieurement un partenaire stratégique (Danone Communities) et une fondation à but social (Grameen Crédit Agricole). Ce n’est pas le seul cas dans le portefeuille d’entreprises comptant de l’appui de I&P. A Madagascar, Nutri’zaza a créé un nouveau modèle économique, pour passer du statut d’ONG à celui d’entreprise sociale. Une belle histoire de l’évolution d’un projet d’une ONG qui devient une véritable entreprise. L’impact potentiel de l’entreprise sur ses clients est considérable, mais l’instauration et le maintien d’un mode de gestion qui concilie impact et viabilité économique restent un défi permanent.

Le GRET, une ONG internationale bien connue, spécialiste du développement solidaire, actif à Madagascar depuis vingt ans, lutte contre la malnutrition infantile. En 2002, il met en place un projet économique et social innovant avec l’entreprise malgache Taf : la mise sur le marché d’un aliment de complément pour nourrissons et très jeunes enfants, respectant tous les paramètres de la recherche internationale sur la nutrition infantile, la Koba Aina (« farine de la vie » en malgache). Composée de produits locaux, elle est conçue pour la base de la pyramide, constituée de familles défavorisées, dont 50% des enfants de 6 à 24 mois[1] souffrent de malnutrition chronique, soit 500 000.

Plutôt que de distribuer gracieusement ce produit, le Gret a fait le choix d’une solution viable dans la durée, respectueuse de la dignité des populations : la commercialisation à bas prix, rendant le produit accessible à près de 90% des familles malgaches. Toutefois, afin de répondre aux besoins des populations indigentes, de l’ordre de 10%, 15% de la production de Koba Aina est distribuée à des coûts préférentiels à des organisations de la société civile prenant en charge les enfants.

Pour préparer et distribuer la Koba Aina en ville, le Gret reprend l’idée du restaurant pour adultes en l’adaptant aux jeunes enfants. Ainsi nait le réseau de restaurants pour bébés (« hotelin-jazakely » en malgache) qui commercialise la Koba Aina sous la forme d’une bouillie prête à consommer ou en sachet. Les hotely sont installés dans les quartiers pauvres des villes sur des terrains mis à disposition par les communes. C’est dans des petits bâtiments jaunes et verts que les mères et leurs jeunes enfants sont accueillis par des animatrices qui leur prodiguent des conseils nutritionnels. Les animatrices font également des tournées dans les quartiers pour proposer de la Koba Aina et délivrer des messages d’éducation nutritionnelle. En 2013, 40 hotelin-jazakely, installés dans quatre villes et six régions ont distribué 170 000 repas par mois.

 

Du projet d’ONG à l’entreprise sociale

A l’issue de la phase d’expérimentation, le changement d’échelle est indispensable. Après avoir envisagé plusieurs solutions, l’idée de créer une entreprise pour étendre et pérenniser le dispositif s’est imposée. Elle a pour effet de replacer la viabilité économique au cœur du projet, d’attirer les ressources humaines et financières nécessaires et de mettre en place une gouvernance bien adaptée. Mais une logique d’entreprise axée sur la maximisation des profits pour les seuls actionnaires se traduirait par un risque de dérive commerciale, au détriment de l’accessibilité du produit pour les populations pauvres. Le modèle de l’entreprise sociale, qui cherche à concilier impact économique et impact social semble être la solution. En 2013, le Gret, avec quatre autres actionnaires, Taf, la Sidi, I&P Développement et l’Apem, a créé Nutri’zaza, un modèle adapté au contexte, permettant de garantir la viabilité économique tout en préservant le mandat social dans la durée. Pour assurer le changement d’échelle, l’extension du réseau de distribution s’effectue autour des axes suivants :

  • Le développement du réseau de Hotelin-jazakely pour améliorer l’accessibilité de la Koba Aina, avec la construction de 60 restaurants supplémentaires dans des quartiers pauvres, et une implantation dans 25 autres communes, pour 200 nouveaux emplois d’animatrices.
  • Pour couvrir d’autre zones, l’ouverture de deux nouveaux circuits de distribution de la Koba Aina : les épiceries et commerces alimentaires d’une part, les associations qui s’adressent à des populations défavorisées d’autre part.

A terme, 75% de la Koba Aina devraient être diffusés au travers des hotely, 15% par les organisations de la société civile et 10% par des épiceries et commerces.

La participation financière d’I&P à ce projet de transformation en entreprise s’est faite au travers d’I&P Développement, actionnaire à hauteur de 22%. Ce projet s’inscrit dans la logique d’ « impact first » de cet instrument, qui cherche à atteindre le segment des entreprises africaines les moins bien desservies financièrement, à savoir les plus petites PME, et/ou les entreprises les plus risquées.

I&P a souhaité promouvoir l’instauration d‘une politique sociétale, en appui à l’objectif social de l’entreprise. Par ailleurs, un comité d’éthique a été créé en juillet 2013, avec des membres indépendants de Nutri’zaza : représentants des communes, de l’ONN (Office national de la nutrition), de médecins, etc. Ainsi s’est installé un dialogue avec les parties prenantes permettant d’apporter les éléments nécessaires pour concevoir un outil de suivi et d’évaluation d’indicateurs sociaux, en soutien aux travaux de ce comité indépendant.

La clé dans ce genre d’entreprise novatrice est évidemment la mesure de l’impact, de même que la mise en place de systèmes d’évaluation permanente. A cet effet, il convient de noter que Nutri’zaza a fait l’objet d’une évaluation d’impact à 360°  en septembre 2014 ainsi que d’une évaluation de sa performance sociale à partir de la grille « Social Business » élaborée par CERISE.

Nutri’zaza est un bel exemple de coopération et de collaboration entre de multiples partenaires, dont les représentants de la société civile, pour un objectif commun d’amélioration sensible de la situation de populations en situation de précarité.

[1] Source : enquête EDSM IV 2008-2009

 

Olivier Lafourcade

olivierlafourcade@yahoo.com

 

Co-création aux Etats-Unis : bientôt des exemples de Joint-Ventures Sociales ?

J’ai été impressionné par le modèle de joint-venture sociale promu par SocialCoBizz que les amis d’Investir &+ m’ont fait découvrir. A ma connaissance – et je suis loin de savoir tout ce se passe aux Etats-Unis – il n’y a pas d’équivalent aux USA.

Je vais évoquer plutôt des exemples de co-création s’en approchant. Ces partenariats se sont formés à cause d’intérêts communs et convergents. Mais ils ont fonctionné parce que chacun a apporté une contribution qui a compté.

Dans le processus de renaissance de la ville de Detroit, le secteur social, la municipalité, et les acteurs principaux du monde de l’entreprise (les constructeurs automobiles GM, Ford, et Chrysler, ou Dan Gilbert, propriétaire de l’entreprise QuickenLoans) se sont alliés pour investir dans l’amélioration des infrastructures d’une ville en déchéance et pour faciliter la création de start-ups. La municipalité détenait un grand nombre de terrains construits ou pas, mais disponibles pour être redéveloppés à un coût modique. Le secteur social a permis de faire le lien avec des quartiers pauvres où l’arrivée de nouvelles entreprises et la possibilité de création d’emplois ont été les bienvenues. Les grandes entreprises ont dans certains cas financé l’innovation dans leur propre secteur (automobile et services financiers) mais elles ont aussi plus largement bénéficié de l’amélioration de l’image de Detroit, ce qui rend à présent plus facile d’attirer des nouvelles recrues d’autres régions ou de convaincre ceux qui sont déjà là de rester.

Year Up est un bon exemple d’organisation pour laquelle le partenariat avec des entreprises est au cœur de leur modèle puisque sa mission est de rendre des jeunes gens « embauchables ». Pour ce, Year Up leur offre un curriculum solide suivi d’un stage de 6 mois dans une de ses entreprises partenaires qui débouche sur une embauche et, sinon, donne au jeune des références solides pour trouver un emploi. Year Up cherche à mettre le pied à l’étrier à toute une catégorie de jeunes, souvent défavorisés et de couleur, qui ne vont pas aller (en tout cas à court terme) à l’université, en leur prodiguant une formation spécifique à un métier pour lequel une pénurie a été identifiée et en les connectant avec des grandes entreprises ayant le besoin d’embaucher pour ces fonctions particulières et comptant souvent une sous-représentation de minorités au sein de leur personnel.

L’entreprise de télécom Verizon s’est efforcée au cours des dernières années de créer un « écosystème » permettant de favoriser l’innovation. Le Verizon Innovation Program permet aux entreprises participantes d’intégrer la technologie 4G dans leurs produits, alors que les Innovations Labs offrent des lieux focalisés sur l’ « invention » et la création. Enfin, Verizon Ventures investit dans des start-ups prometteuses. Récemment, Verizon a travaillé avec plusieurs start-ups du Harvard Innovation Lab cherchant à utiliser la réalité augmentée / virtuelle (RA/RV) pour produire un impact social qui ont ainsi pu accéder aux moyens technologiques de Verizon alors que l’entreprise a pu élargir son exposition à l’innovation en RA/RV, et en particulier avec un volet social ce qui était tout nouveau pour elle.

 

Philippe Taieb

phitaieb@gmail.com

L’Amérique latine sur la voie de partenariats de plus en plus poussés

De par son histoire et sa culture, l’Amérique Latine a toujours été une terre fertile pour les initiatives sociales. Elles ont pris différentes formes, que ce soit dans un esprit philanthropique ou plus entrepreneurial, et de nombreuses ONGs et entreprises sociales sont nées. En revanche, leur dialogue avec le secteur entrepreneurial “classique” n’a pas toujours été une évidence. Dans les années 90, le philanthrope suisse Stephan Schmidheiny a commencé à promouvoir la coopération entre les deux secteurs. Après avoir découvert par l’expérience, que tant son entreprise que sa fondation devaient trouver un alignement profond avec ses valeurs personnelles, il a commencé à travailler dans ce sens puis à aider le secteur à avancer.

Néanmoins, la coopération entre le secteur “classique” et le secteur social a pris des formes très variées, et pas toujours abouties. La Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE), qui est le cas le plus récurrent, n’a par exemple pas souvent été exercée de façon stratégique par les entreprises “classiques”. Selon le groupe d’études de Harvard, Réseau du Savoir sur les Entreprises Sociales (SEKN, Social Enterprise Knowledge Network), une manière philanthropique d’aborder la relation avec le secteur social n’exploite pas complètement le potentiel de l’alliance que l’on cherche à créer. Les acteurs qui ne se préoccupent pas de construire des alliances avec des bases solides qui alignent valeurs, mission et stratégie, peuvent se retrouver à créer des collaborations qui n’arriveront pas à bon port.

Pour ces deux raisons, les joint-ventures sociales semblent être une bonne réponse aux alliances transitoires et peu efficaces. À ma connaissance, ces structures ne sont pas encore ancrées dans la culture du secteur en Amérique Latine, mais des pistes claires commencent à émerger au travers de collaborations profondes où le schéma se montre gagnant-gagnant pour toutes les parties prenantes. En Argentine par exemple, une collaboration existe depuis des années entre le journal La Nación et l’ONG Acción Solidaria qui cherche la propagation d’une culture solidaire dans le pays. Le journal assure une section d’annonces pour faire appel aux dons et pour faire connaître les actions mises en place par l’ONG. Au Brésil, l’entreprise Natura en partenariat avec l’ONG Imaflora et des communautés locales ont mis en place une alliance pour la production de la ligne de produits de beauté Ekos, qui cherche à mettre en valeur la biodiversité du Brésil en utilisant des produits que seuls les peuples natifs utilisaient auparavant. Pour cela, Natura a voulu impliquer dans le projet ces collectivités qui possédaient le savoir- faire et celles-ci ont ainsi pu profiter des bénéfices de la nouvelle ligne de produits. Pour sa part, Imaflora a fait en sorte que l’extraction des matières premières réponde à des critères de durabilité économique, sociale et écologique.

Il est aujourd’hui clair qu’un chemin se dessine et que les collaborations profondes qui se tissent entre secteur social et entreprises “classiques” montrent la volonté de notre société d’humaniser l’économie et prendre soin de l’environnement.

 

Antonela Racca Stoffel

antonelaracca@gmail.com

Les inspirations I&+ : événements et lectures de l’été

Retrouvez notre sélection des événements à ne pas rater cet été et à la rentrée…

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Les 4 et 5 septembre prochains, ne manquez pas la 10ème édition du forum mondial Convergences. La thématique cette année : « Ensemble, innovons pour un monde 3Zero! »

Le 23 septembre 2017, le festival Youth We Can revient à la Villette pour inciter les jeunes à s’engager toujours plus !

Jusqu’au 8 janvier 2018, le Musée de l’Homme nous incite à réfléchir à la construction des préjugés et nous aide à les déconstruire avec sa première exposition temporaire « Nous et les autres ».

Pour encourager le changement positif, Ouishare Fest revient à Paris du 5 au 7 juillet 2017. Il sera également à Barcelone les 26 et 27 octobre, et Rio du 17 au 19 novembre.

Et notre sélection de lectures inspirantes à faire sur la plage pendant vos vacances, ou dans les transports si vous êtes coincés à Paris pendant les vacances !

Les entreprises à mission, panorama international des statuts hybrides au service du bien commun, Prophil 2017

Ethique et entreprise, Cécile Renouard, 2015

ETIC : Des nouvelles fraîches et croquantes du CHÂTEAU de Nanterre !

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Les bureaux et espaces de coworking ouvrent bientôt !

Les travaux des bureaux et coworking sont presque terminés, nous sommes en plein aménagement des espaces et nous nous préparons à accueillir nos premiers résidents mi-juillet.

Aujourd’hui, nous avons encore des bureaux et espaces commerces disponibles à la réservation. Nous aimerions aussi recueillir vos conseils et votre aide pour contacter de nouveaux acteurs potentiellement intéressés et, ainsi, remplir rapidement nos derniers espaces.

Le CHÂTEAU de Nanterre peut héberger toute organisation, quelle que soit sa forme juridique, ayant un impact environnemental et/ou social positif et une gouvernance exemplaire.

Contactez-les pour en savoir plus, venir visiter ce nouveau centre ETIC ou rencontrer l’équipe du CHÂTEAU ! 01 80 89 93 60  / contact.idf@etic.co – margaux.mantel@etic.co

Au MENU

> Un lieu unique

Ce bâtiment historique entouré d’un parc arboré, à 5 minutes à pieds de la station RER A Nanterre-Ville, ouvre une nouvelle page de son histoire dès juillet 2017. Des bureaux, un espace de coworking, des cuisines partagées, un espace de restauration et d’évènements, et un potager permettent à tous types de publics de venir travailler, apprendre, découvrir et innover.

> Un lieu ouvert aux innovations sociales et environnementales

Les bureaux et l’espace de coworking sont ouverts à tous types d’organisation, association ou entreprise, ayant un impact social et/ou environnemental positif.

Pour pouvoir accueillir une grande diversité de structures et de projets, les coûts de location et les charges sont maîtrisés grâce à la mutualisation des services et des espaces communs. La flexibilité des contrats permet également de rendre accessibles des infrastructures à la fois performantes, écologiques et conviviales, en étant connecté à un écosystème dynamique.

> Un laboratoire de la transition alimentaire

L’une des missions premières du CHÂTEAU est de fédérer les acteurs de l’alimentation durable. Avec un grand potager en permaculture cultivé par les Madeleines enracinées de l’associationENDAT, un espace évènementiel et restauration géré par FOODENTROPIE et l’incubateur culinaire de UNITED KITCHENS (cuisines professionnelles à louer et ateliers sur l’alimentation durable), le CHÂTEAU est un véritable laboratoire de la transition alimentaire !

– ET VOUS DANS TOUT CELA ? –

> Comment suivre les actualités et événements du CHÂTEAU de Nanterre ? <

Pour ne rien manquer : suivez-les sur leurs pages Facebook LE CHÂTEAU et Etic ainsi que sur Twitter – ou sollicitez-les directement. Retrouvez également FOODENTROPIELes Madeleines Enracinées d’Endat et UNITED KITCHENS sur les réseaux sociaux !

>  Comment devenir partenaire / soutenir ce projet ?  <

Ce projet vous séduit, vous interpelle, vous enthousiasme ? N’hésitez pas à en parler largement autour de vous !

Pour les partenariats spécifiques au CHÂTEAU de Nanterre : contact.idf@etic.co – margaux.mantel@etic.co / 01 80 89 93 60

Pour tout autre type de sollicitation (presse, partenariats avec ETIC Foncièrement Responsable…) : baptiste.garmy@etic.co / 04 26 78 24 66

Les RecycLivreDays sont de retour !

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Les 9 et 10 septembre 2017, les parisiens ont rendez-vous Place de la République pour participer à la deuxième édition des RecycLivreDays ! Après le succès rencontré lors de la première édition en 2016, au cours de laquelle des milliers de parisiens ont déposé plus de 16 000 livres, RecycLivre récidive, en partenariat avec UP le mag, et propose de nouveau aux amoureux de littérature d’apporter leurs livres déjà lus et dont ils ne savent plus quoi faire…
Ce sera également l’occasion, pour les petits comme pour les grands, de découvrir le parcours vertueux organisé par RecycLivre pour offrir à ces livres une nouvelle vie. La même formule éprouvée avec succès en 2016 sera reconduite : Pour « 10 livres donnés, 1 euro » sera reversé par RecycLivre à l’association ‘Lire et Faire Lire’.

Les 9 et 10 septembre donc, un espace dédié aux livres sera installé sur la Place de la République, qui se transformera le temps d’un week-end en une grande bibliothèque solidaire à ciel ouvert, aménagée de salons de lecture et d’espaces d’échanges autour du livre. L’association PikPik animera également à cette occasion des ateliers « Do it Yourself ». Les parisiens pourront ainsi confectionner des marques-pages, des carnets ou encore de charmants renards et poules à partir de livres anciens réutilisés avec inspiration et talent !
Connectée et 100% transparente, RecycLivre partagera comme à son habitude, en temps réel, sur la Place de la République, mais également sur son site Internet et ses comptes Facebook, Twitter et Instagram, l’évolution de cette collecte responsable.

Rdv sur leur site pour plus d’infos > http://RecycLivre.com/days

Et la presse en parle !

TF1 _ Journal de 20h_ La seconde vie des livres

LCI_ Au coeur de nos différences_Le service de librairie à domicile avec RecycLivre

France Bleu : RecycLivre, lauréat du Grand Prix des Bonnes Nouvelles des Territoires

RecycLivre, lauréat du prix Entreprise sociale et Solidaire 2017 par la Fondation MMA Initiatives :https://www.youtube.com/watch?v=GwG7078N1FQ&t=9s

Bordeaux accueille le délégué interministériel à la jeunesse à l’occasion des Universités d’été de la HelloAsso Académie

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Les 3 et 4 juillet dernier, la ville de Bordeaux était partenaire de HelloAsso dans l’organisation de ses premières Universités d’été : deux jours de formation au numérique spécialement dédiés aux acteurs de l’accompagnement de toute la France. Pour l’occasion, Jean-Benoit Dujol, délégué interministériel à la jeunesse, à l’éducation populaire et à la vie associative, est revenu sur le message d’unité qu’il souhaite faire passer aux milliers de points d’appui à la vie associative qui agissent en France.

Parce que le numérique transforme l’action associative à de nombreux niveaux, la Ville de Bordeaux poursuit le chemin qu’elle mène depuis plusieurs année avec la plateforme de collecte de fonds des associations HelloAsso. Temps fort de ce partenariat : les Universités d’été de la HelloAsso Académie qui ont réuni les 3 et 4 juillet derniers plus d’une centaine d’acteurs de l’accompagnement de toute la France à Bordeaux pour se former, se rencontrer et échanger ensemble sur le numérique.

Au terme de la première journée, les participants étaient invités à rejoindre le Marco Polo pour une soirée croisière organisée sur la Garonne. C’est le moment qu’a choisi Jean-Benoit Dujol, délégué interministériel à la jeunesse, à l’éducation populaire et à la vie associative, pour lancer un message d’unité et de cohésion aux participants.

Le travail que vous accomplissez au quotidien sur vos territoires pour les 1,3 millions d’associations françaises est fondamental. Des événements comme celui-ci, doivent nous servir à nous rencontrer, à poursuivre nos échanges et travailler ensemble. Unité, cohésion sont les deux mots que je souhaite porter ici devant vous car il me semble que c’est l’état d’esprit de ces Universités d’été de la HelloAsso Académie

Le délégué interministériel à la jeunesse est aussi revenu sur le défi que représente la transition numérique des associations.

Il n’y a pas de fatalité en matière de numérique en ce qui concerne le monde associatif. Les initiatives comme celle lancée par HelloAsso à travers son programme de formation le prouvent, et le Ministère en est partenaire depuis la première heure. Je suis à ce titre ravi que les collectivités locales s’en saisissent comme la ville de Bordeaux.
Vous avez une carte à jouer dans cette transition numérique et j’en suis convaincu. C’est en accompagnant au plus près chaque porteur, en le conseillant sur les outils adaptés à ces besoins, en transmettant le savoir-faire que vous avez acquis ici que les associations de vos territoires pourront opérer cette transition numérique
.”

Lors de ces deux jours de formation, des intervenants tels que Facebook France, Framasoft, Associathèque, La Fonda, Bordeaux Mécènes Solidaire, Admical ou encore Solidatech se sont succédés pour, chacun, transmettre aux participants leur vision des relations que peuvent tisser acteurs du numériques et acteurs de l’accompagnement associatif.

Plus d’informations sur HelloAsso : https://www.helloasso.com/

Plus d’informations sur le programme de formation au numérique HelloAsso Académie : https://academie.helloasso.com/

Crédits photo : Glwadys Le Moulnier